La Presse, Montréal, lundi 3 mars 1997
La circoncision est une mutilation
génitale masculine
John Antonopoulos
( L'auteur est président du groupe Info-Circoncision )
| Je voudrais remercier La Presse et féliciter Sylvie Gourde et Monique Guilbault, auteures de « Mutilations génitales: un problème qui concerne aussi le Québec » (dimanche 2 février 1997). Les deux auteurs ont réussi à traiter à fond et avec humanisme le phénomène inquiétant et complexe de la mutilation génitale des femmes, un problème auquel nous avons été sensibilisés depuis quelque temps. En lisant l'article, j'ai noté la phrase suivante: D'après Le Petit Robert, toute ablation d'une partie du corps
(y compris donc le prépuce pénien ) constitue une mutilation.
Dans Le Grand Robert, on lit encore plus clairement, sous Or, quotidiennement au Québec, des bébés et des enfants mâles non consentants se font exciser, sans raison médicale valable, une structure normale, saine, fonctionnelle et érogène de leur pénis c'est a dire leur prépuce souvent pour nulle autre raison que le simple fait que le père est, lui aussi, circoncis et que les parents veulent ainsi cette intervention. Il s'agit ici de la circoncision non indiquée, une création nord-americaine du vingtième siècle, pratiquement inconnue, à l'exception de l'Australie, dans le reste du monde développé. En plus de priver le bébé d'un tissu fonctionnel important qui protège son gland et son méat urinaire sensibles contre les irritants, la circoncision prive le futur adulte du tissu érogène le plus richement innervé de son anatomie, d'une longueur moyenne de 3 pouces (1,5 pouce de peau externe plus 1,5 pouce de muqueuse interne) et d'une circonférence moyenne de 5 pouces; ce qui représente de la moitié aux deux tiers du recouvrement tégunentaire du pénis. À mesure que l'on comprend les divers rôles protecteurs, mécaniques et sensoriels du prépuce, de plus en plus d'hommes au Québec et en Amérique du Nord prennent conscience, avec consternation et tristesse, qu'ils ont été privés de façon permanent à cause de cette chirurgie génitale discréditée qu'ils n'ont pas choisie de leur droit à l'intégrité physique, à l'autodétermination et à la jouissance sexuelle intacte. Au moment où l'on essaie de prévenir l'implantation dans notre
société de mutilations qui nous sont étrangères,
n'est-il pas temps que nous examinions nos propres pratiques mutilatrices,
auxquelles nous nous sommes accoutumées, et que nous en reconnaissions
l'injustice et les Nous invitons le public et les professionels à s'informer pleinement sur les données qui entourent la circoncision masculine, ainsi que sur les questions éthiques et bioéthiques que soulève cette pratique. |
InfoCirc ¦ Dernière modification: 15 août, 2004 ¦