Le journal de Stéphane

 

Présentation de moi-même

 

Je suis un homme de 42 ans et circoncis depuis l’âge de 6 ans. J’habite Montréal (Québec). Je suis également gay. Le fait cependant d’annoncer que je suis gay n’est pas par exhibitionnisme mais simplement pour ne pas être limité dans mes propos lorsqu’il sera question de mon conjoint.

Cette démarche de reconstruction en est une de longue haleine, c’est pourquoi j’en ai parlé avec mon conjoint et j’ai obtenu son appui dans cette démarche, qui disons-le, apporte parfois certaines contraintes.... Mais le plus important pour moi, est de savoir que je suis supporté dans ma démarche. J’en profite pour remercier sincèrement mon conjoint pour cet appui. Merci !

Il est également important de comprendre que ma démarche n’a strictement rien à voir avec le fait que je sois gay ou pas.

Le processus de restauration s’adresse à tous les hommes qui ont le désir de retrouver un « prépuce reconstruit » , à tout le moins en partie, alors que d’autres ont décidé un jour à leur place, de le faire disparaître.

 

Motivation

 

Ma motivation face au désir de retrouver un prépuce est difficile à expliquer si ce n’est par le fait que j’ai l’impression de manquer quelque chose. Au collège, j’ai toujours été curieux face aux pénis non circoncis, cette peau qui recouvre le gland m’a toujours fasciné. C’est quand j’ai réalisé que j’avais été amputé de cette « peau » et ce sans vraiment savoir pourquoi, si ce n’est que c’était à la « mode », que c’était « normal » et que l’on n’avait peut-être pas toute l’information nécessaire et suffisante pour prendre une décision éclairée sur le sujet (tant de la part de mes parents que des médecins).

Il est important de noter ici que je n’ai pas de rancoeur face à la décision de mes parents de me faire circoncire. Cependant, aujourd’hui, je suis en mesure de prendre la décision de vouloir retrouver un prépuce alors qu’à l’époque je n’ai pas été en mesure de prendre une décision et que l’on a décidé pour moi.

Ce que je cherche à obtenir comme résultat, c’est d’avoir un gland complètement recouvert à l’état de repos. Pour le moment, seul le temps pourra le dire, je ne cherche pas à obtenir un gland recouvert alors que je serai en érection.

En ce qui concerne ma motivation de produire un journal de mes résultats, est l’absence (du moins je le crois) de site francophone en la matière alors que plusieurs sites anglophones existent. Je souhaite donner l’exemple et le désir à d’autres francophones du monde, à imiter ma démarche et à entrer en communication avec Info-circoncision de Montréal (et ce, même si vous n’êtes pas du Québec). Voici l’adresse où vous pourrez transmettre vos questions, commentaires et suggestions (infocirc@total.net). Également, je vous invite à ajouter le signet du site de cet organisme :
http://www.infocirc.org/index.htm

 

Démarche préparatoire

 

Cette curiosité et ce désir d’avoir un prépuce date de plusieurs dizaines d’années mais je ne savais pas qu’il était possible de procéder à la restauration non chirurgicale du prépuce. Puis un jour, j’ai lu dans une revue, une petite annonce concernant un groupe à Montréal qui discutait de la restauration non chirurgicale du prépuce. Je dois cependant avouer que j’étais très sceptique...Et je n’ai pas appelé.

En octobre 1998, j’ai lu un article dans un cahier spécial sur la Santé et distribué par La Presse (journal publié au Québec). Cet article traitait de la circoncision, donnait des statistiques sur la situation et le pourcentage de circoncisions au Québec, au Canada, aux États-Unis de même que dans le reste du monde. Et puis, un entrefilet sur la restauration non chirurgicale du prépuce et l’adresse Internet du même organisme dont j’avais lu l’annonce quelques années auparavant. La curiosité est forte et me voilà sur Internet et là, j’ai fait la découverte de différentes techniques et des liens qui branchent à des sites personnels décrivant leurs expériences, etc.

J’ai imprimé plusieurs pages et j’ai lu avec intérêt. J’ai lu et relu le contenu afin de bien m’approprier la technique de base et les avertissements. J’ai discuté avec mon conjoint de ma démarche, lui ai expliqué les inconvénients potentiels durant la période de restauration et de ma volonté de m’engager dans cette voie, à la condition qu’il me supporte dans cette démarche. La réponse étant favorable, j’ai commencé à appliquer la technique du ruban en croix (« cross tape straps ») en janvier 1999.

 

Janvier 1999

Sans avoir consulté le groupe de discussion sur la restauration non chirurgicale du prépuce mais bien sur la seule base des lectures effectuées, je commence l’application de la technique du ruban en croix. Aussi drôle que cela puisse paraître, la pharmacie du coin Drug Store ») maintient un inventaire varié de rubans adhésifs. Lequel choisir ? ? ? J’y vais par déduction logique (ma logique).

Je commence donc l’application en tenant compte des aspects techniques (comme le fait de s’assurer que la partie collante n’adhère pas au gland...). Je m’attendais à avoir plus de difficulté à l’appliquer, or cela s’est avéré relativement simple et facile. Le plus cocasse dans l’application a été de provoquer des érections lorsque je manipulais mon pénis lors de l’application du ruban...un peu difficile à savoir à ce moment si le ruban est de la bonne longueur.... J

Je réussis enfin à appliquer mon ruban sans problème. C’est confortable et pour uriner, c’est facile également.

Les inconvénients rencontrés sont

  • sur l’établissement de la longueur du ruban :
    • trop long, je sens que je gaspille du ruban
    • trop court, cela a tendance à décoller au cours de la journée
  • sur la colle qui reste collée au pénis lors du retrait à la fin de la journée
    • je frotte, je m’use la peau, c’est sensible
    • j’utilise de l’alcool, c’est compliqué
    • j’utilise du savon, c’est mieux, plus doux.

À la fin du mois, je considère l’expérience satisfaisante, mais sans voir de résultats...Évidemment.

 

Février 1999

 

Le deuxième mois m’amène à faire d’autres expériences sur la façon d’appliquer le ruban et sur le choix du ruban lui-même. Je m’achète donc deux (2) autres types de rubans et je fais des expériences.

Les résultats sont encore là peu visibles non seulement pour moi mais également pour mon conjoint qui ne voit guère de différence. Malgré le fait que mes lectures mentionnent que cela peut prendre jusqu’à deux (2) et même trois (3) ans avant d’avoir des résultats valables, je m’interroge sur la façon dont j’applique la technique.

  • Est-ce que j’applique correctement le ruban ?
  • Est-ce que j’applique suffisamment de tension ?
  • Est-ce que mon type de peau est favorable à une expansion facile ?

Je m’adonne donc à la relecture des techniques et de journaux personnels afin de comprendre ce qui arrive. Vers la fin de février, j’applique une nouvelle technique, soit celle du ruban en anneau (« O ring tape »). Ce qui est indiqué dans la littérature est que pour appliquer le ruban, il faut déjà avoir une certaine quantité de peau sinon c’est difficile. À ma grande surprise, je n’ai pas de difficulté à l’appliquer.

WOW, est-ce à dire que j’ai déjà obtenu des résultats sans que je le perçoive ? Sûrement. Je suis content et encouragé.

J’appelle donc à Info-Circoncision de Montréal afin de me joindre au groupe de discussion et ainsi parfaire mes connaissances et partager mes impressions et sentiments. Le moment des rencontres n’est pas facile à intégrer à mes obligations et engagements. La première rencontre où le tout coïncide est le dimanche 28 mars 1999. Entre-temps, je continue l’application du ruban.

 

Mars 1999

 

Durant tout le mois de mars, je fais de nouveaux essais, je mets davantage de tension sur ma peau en tirant davantage par dessus le gland. Je veux des résultats concrets et significatifs avant ma première rencontre au groupe de discussion à la fin du mois. Mais j’obtiens des résultats mitigés en ce sens où il y a tellement de tension que le ruban décolle en cours de journée quand ce n’est pas au cours de l’avant-midi. Je ne suis pas plus avancé dans mon processus, je ne suis pas pour être à la toilette à toutes les heures ou toutes les deux (2) heures pour refaire un nouveau ruban.

Je décide donc de réduire la tension comme il est mentionné dans la littérature et de laisser faire le temps. De plus, la date de la rencontre approche, alors aussi bien être patient.

Mon conjoint m’offre de m’accompagner à la rencontre du groupe de discussion. Malgré le fait qu’il n’est pas lui-même intéressé à appliquer la technique pour lui (eh oui, il est circoncis lui aussi), il désire comprendre davantage ce que je suis en train de faire. De même, nous décidons de poser entre autres une question :

Comment les autres intègrent-ils la restauration dans leur vie de couple ?

Et voici enfin la date de la rencontre, le 28 mars 1999. Les présentations sont faites et le responsable du groupe est agréablement surpris de voir mon conjoint s’impliquer ainsi dans ma démarche d’information.

Discussion libre, présentation d’un vidéo sur la technique du ruban en T (« T-Tape »). La fabrication du ruban est expliquée par un des participants. Je suis emballé...J’achète le matériel requis et je me promets de commencer dès le lendemain matin.

Quant à la question, nous n’avons pas obtenu les réponses attendues mais ce n’est pas grave. À la sortie de la rencontre, mon conjoint et moi en avons encore longuement discuté et nous nous ajusterons au fur et à mesure si jamais cela devient un inconvénient majeur.

Le lendemain matin (29 mars 1999), je commence. Préparation du matériel, application du ruban, installation de la bretelle et hop surprise... C’est confortable. Je suis surpris de la facilité avec laquelle j’ai fait tout cela. La journée se passe très bien, toujours très confortable. Aucun problème. Et c’est aussi facile et confortable au cours de toute la semaine.

 

Avril 1999

 

Je peux dire que le mois d’avril a été un mois super et ce malgré des difficultés rencontrées sur le plan technique. En effet, j’ai eu des problèmes de colles et de décollage. Je m’explique.

Les problèmes de colle proviennent du fait que j’ai un peu de difficulté à faire disparaître la colle qui reste « accrochée » à la peau le soir après avoir enlevé le ruban. J’ai beau faire attention et tenter de tout enlevé, quand c’est trempé d’eau, je ne vois plus de colle qui reste, par contre, dès que la peau est sèche, je vois apparaître des résidus de colle qui sont encore là.

Les problèmes de décollage sont en fait dus à un rouleau de ruban que j’avais acheté mais qui ne me semble pas « frais » alors la colle n’est pas efficace et ne tient pas toute la journée. Il est également possible que ce soit causé par la tension de la bretelle qui n’est pas exactement ajustée en fonction de mon besoin. J’ai donc fait attention à cet aspect au cours du mois d’avril.

J’ai décidé de porter le ruban et la bretelle essentiellement de 07h00 le matin à 21h00 le soir ce qui me donne près de 14 heures par jour et ce cinq (5) jours par semaine. En général, je garde mes week-ends libres ce qui ne cause aucune entrave à ma vie de couple durant le week-end et constitue également une période de repos intéressante pour ma peau. En effet, suite à l’application du ruban, ou plutôt lorsque j’enlève le ruban, il y a toujours une petite rougeur qui s’installe et une certaine sensibilité (à peine perceptible mais tout de même présente). En agissant ainsi, j’accorde un peu de repos et le lundi je reprends l’application du ruban. Cette façon de procéder me convient parfaitement.

En ce qui a trait à l’intégration dans ma vie de couple, cela ne cause pas de problèmes véritables à part quelques petits inconvénients. Tel que mentionné plus haut, les résidus de colles qui parfois sont encore présents et que je croyais avoir enlevés. Un peu embêtant et gênant pour moi et mon conjoint ! De même, il a fallu s’adapter au fait qu’il faut planifier nos « petites vites » ou faire autrement. Mais jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de cause désespérée ou désespérante au point de remettre en cause l’application de la technique par moi ou de ne plus avoir le support de mon conjoint. De ce côté, tout est donc au beau fixe.

Vers la fin du mois, en terme de résultats, il me semble que je commence à avoir un peu plus de peau qu’avant. Je considère franchement et honnêtement que je commence à avoir des résultats concrets et probants. Oh, ce n’est pas une quantité de peau suffisante pour couvrir le gland, loin de là, mais il y a un peu de peau qui semble vouloir commencer à rester plus près de la base du gland. Hummmm, intéressant, je vais continuer à examiner le tout régulièrement mais sans en faire une fixation afin d’avoir un jugement pas trop subjectif. À suivre.

 

Mai 1999

 

Le mois de mai a été pour moi un mois extrêmement agréable. Je suis sur et certain d’avoir des résultats tangibles. Je suis très à l’aise dans l’application du ruban, dans la tension de la bretelle, dans le confort quotidien, dans la façon d’enlever la colle, etc. Tout va pour le mieux.

Je suis super content des résultats.

Je n’ai rencontré aucune difficulté au cours du mois de mai. Je participe à la rencontre du groupe de discussion de Montréal. Il semble bien que mon enthousiasme soit perceptible sans l’ombre d’un doute. Je fais part de mes résultats, de la facilité avec laquelle j’applique le ruban, de l’intégration dans ma vie de couple, etc. Je reçois un accueil très favorable.

Je suis tellement convaincu dans ma démarche et dans mes résultats que je commence à voir beaucoup plus loin dans le temps, c’est-à-dire le résultat final. Est-ce que la peau ainsi reconstruite suivra de près le contour du gland donnant un aspect naturel ou sera étirée de façon telle qu’il y paraîtra assurément que cette peau n’est pas « l’originale » ! Je me permets donc de poser la question lors de la rencontre de discussion.

Ce questionnement m’est venu avec évidemment mon expérience personnelle, la bande vidéo visionnée au tout début de ma démarche de même que par certains commentaires émis par l’un des participants du groupe de discussion qui émettait certaines réserves quant à la technique montrée dans la bande vidéo. La technique visionnée recommande d’appliquer le ruban sur un pénis en érection alors que le participant propose davantage de l’appliquer sur un pénis en état de repos. Reprenons les divers éléments qui alimentent ma réflexion.

Son raisonnement est que le fait de l’appliquer sur un pénis en érection donne une circonférence à la peau qui est supérieure à la peau d’un pénis en état de repos. Partant du principe que la peau qui est sous le ruban (une fois appliqué et collé) ne subit pas de tension lorsque la bretelle est installée, nous forçons la peau sous le ruban à conserver une circonférence plus grande que normale tout au long de la journée. Il pourrait donc s’ensuivre un relâchement de la tension naturelle de la peau pour un état plus large et lâche. Si par contre, le ruban est appliqué sur un pénis en état de repos, la circonférence naturelle de la peau est conservée et permettra donc de suivre le contour du gland de façon plus naturelle. Je souscris davantage à cette dernière hypothèse qu’à celle de l’application sur un pénis en érection. Il est évident que le diamètre intérieur étant plus petit, il faut « forcer » un tout petit peu plus pour faire entrer le gland sous la peau étirée mais cela ne me cause aucun problème.

La discussion qui s’ensuit est fort intéressante. Il est mentionné qu’il et également possible à échéance, de faire une légère intervention chirurgicale afin de redonner un peu plus de tension à la peau en enlevant un petit losange de peau sous le pénis. Cette technique est élaborée et documentée entre autres dans le livre du Dr Jim Bigelow, “ The Joy of Uncircumcising ”. Un participant mentionne de manière non équivoque que JAMAIS un médecin n’approchera un scalpel de son pénis et qu’il préfère travailler davantage avec des méthodes de stimulations de la tension de la peau pour obtenir le même résultat.

La durée des rencontres de ce groupe de discussion n’est pas longue mais les échanges sont parfois très intenses.

Stéphan, mai 1999Je suis tellement encouragé que j’ai offert aux responsables de Info-Circoncision de tenir et publier mon journal lié à l’évolution de la restauration de mon prépuce. Ce que vous lisez présentement est la preuve des résultats encourageants que j’ai notés. Je trouve important pour moi, de consigner par écrit mes progrès. Il est possible que dans le futur, je me retrouve avec des émotions différentes, des circonstances différentes, une motivation accrue ou réduite, je ne le sais pas. J’ai cependant aujourd’hui le désir de partager avec vous le cheminement à travers lequel je passe, tant dans des périodes très encourageantes comme c’est le cas actuellement que dans des périodes qui s’avéreraient plus difficiles.

Stéphan, mai 1999Vous avez également des photos qui accompagnent ce mois de mai 1999. J’ai décidé en effet d’illustrer mes progrès par des photos qui seront prises régulièrement au fil des mois. Deux types de photos seront prises, soit une photo debout et une photo en position assise, ce qui ne donne pas la même vision des résultats.

 

Juin 1999

 

Rien de spécial au mois de juin. Tout se passe bien et sans encombre. Les résultats ne sont pas perceptibles outre mesure mais je ne me décourage pas, bien au contraire.

Je ne suis pas bavard ce mois-ci, dans l’application de la méthode, je n’ai rien de nouveau à mentionner et je passe une période intense au travail, alors je n’ai pas le temps d’approfondir quoi que ce soit.

Pas de photos ce mois-ci.

 

Juillet 1999

 

Le début du mois se passe sans problème. Je ne vois pas de progrès significatif mais c’est probablement normal. Tout se déroule comme les mois précédents dans l’application de la méthode. Je continue l’application de manière rigoureuse.

La principale difficulté rencontrée est de trouver facilement du ruban. Là où j’ai acheté mon dernier rouleau, il n’y avait pas la marque que je veux. Je souhaite qu’ils soient uniquement en rupture de stock et non qu’ils aient décidé de ne plus tenir cette marque de ruban (ruban de papier pour premiers soins Micropore 3M). J’ai fait une tournée de pharmacies et aucune n’en avait en stock. J’ai donc acheté par dépit une autre marque afin de ne pas avoir une période trop longue sans appliquer le ruban et la bretelle.

Ce fût presque une erreur. Le ruban est plus épais et adhère moins bien à la peau. Le fait que la colle soit moins efficace, il en résulte que le ruban décolle en cours de journée. De plus, l’épaisseur supplémentaire fait que le ruban est moins flexible et provoque ainsi une douleur à la peau. Je m’obstine cependant à persister. Mais je dois m’avouer vaincu car au lieu de trouver le tout agréable et confortable, je me choque. Ce n’est pas terrible. Il faut donc que je trouve de nouveau le ruban de 3M.

Je verrai donc à trouver des rouleaux de ruban en allant dans tous les endroits susceptibles d’en avoir. Mais nous voici à la veille de mes vacances et j’ai décidé de ne pas appliquer la méthode durant cette période. Je reprendrai à mon retour au travail à la fin du mois d’août.

Pas de photos non plus ce mois-ci. Trop de travail et pas de temps pour des prises de photos. Je devrait reprendre le tout en septembre 1999.

 

Août 1999

 

C’est les vacances. Les trois (3) premières semaines du mois d’août sont consacrées aux vacances et afin de pouvoir profiter pleinement de cette période, je ne veux pas être contraint par l’application du ruban. Je considère également que ce sera profitable pour ma peau.

Alors on se revoit plus tard….

 

Septembre 1999

 

Le mois de septembre est fertile en événements.

Tout d'abord, je n'ai pas de problèmes particuliers quant à l'application du ruban. C'est un bon point en partant car je n'ai pas à m'interroger sur la technique. Je rencontre encore quelques décollements de ruban à l'occasion, mais je sais que ce n'est pas la colle du ruban qui n'est pas bonne, je me dis que c'est normal de rencontrer ces petits problèmes.

Je participe à la rencontre du groupe de discussion de Montréal sur la restauration non chirurgicale du prépuce. Ça fait déjà quelques mois que je n'y suis allé. Je retrouve les visages familiers. Des discussions très profondes ont cours (et je n'écris pas ça à la légère). La discussion tourne sur les aspects psychologiques de la motivation de chacun. C'est absolument passionnant et les divers points de vue me permettent de me questionner et de me positionner quant à mes motivations profondes. J'ai écrit en début de ce journal ce qui me motivait mais la discussion est telle qu'elle me confronte.

Alors que la discussion se poursuit, je refais rapidement une analyse de mes motivations. Je me rends compte que ma motivation personnelle est davantage liée au fait que j'aime voir et donc par extension, avoir, un prépuce plutôt que par besoin intrinsèque de retrouver MON prépuce. C'est donc une motivation totalement différente. Je suis donc embarqué dans le processus de restauration particulièrement parce que je trouve beaucoup plus esthétique et intéressant, un pénis non circoncis que le mien. Je crois que c'est cela. Cette prise de conscience ne devrait pas m'empêcher de poursuivre dans cette restauration, j'en suis convaincu. Par contre, c'est intéressant de constater que les raisons premières que j'ai invoquées dans les premiers paragraphes de ce journal n'étaient pas les bonnes pour moi.

J'ai peur que l'on se méprenne sur mes propos. Un pénis non circoncis est pour moi plus attirant et attrayant et je cherche donc à obtenir et regagner un prépuce qui me permettra d'apprécier davantage mon propre pénis. Je ne dénigre pas par le fait même les pénis circoncis, loin de là. D'ailleurs, si ceci était un enjeu important, je ne serais pas avec mon conjoint qui, lui, est circoncis. Également, je respecte au plus haut point les personnes qui entament cette procédure de restauration pour des raisons plus profondes. Soyez assurés de mon respect. Ce cheminement est tellement personnel que les critiques seraient très mal venues.

Comme vous le constatez, la discussion a eu un effet de réflexion chez moi assez intéressant. J'aime toujours comprendre ce qui m'amène à faire tel geste ou à avoir telle réaction. J'ai un petit côté psychologue qui est un peu développé !

J'aborde par la suite certains points techniques avec l'un des participants qui a de l'expérience depuis quelques années. C'est étrange comme on oublie certains éléments particuliers en terme technique. J'aborde avec lui la notion de pose du ruban en érection versus en état de repos. Également il est question de la distance de la tête du gland à laquelle je pose mon ruban. Il m'indique que je le pose beaucoup trop près de la tête et que je devrais le placer à environ une longueur de gland plus loin que la base du gland. Si j'essaie de m'exprimer en plus clair, il s'agit en fait de calculer deux (2) longueur de gland d'un pénis en érection pour connaître la position la plus adéquate. À partir de ce point de référence, il est possible de jouer un peu plus en avant et un peu plus en arrière afin de ne pas créer une irritation de la peau toujours à la même place.

Également, j'apprends (ou réapprend) qu'en le mettant trop près du gland, je pose mon ruban sur une partie de peau qui sécrète des muqueuses et que cela pourrait faire décoller mon ruban… QUOI ? Ne me dis pas que c'est là la source de mes problèmes de décollement ! Bon sang, je vais rapidement appliquer la notion de distance appropriée et voir si le ruban décolle.

Devinez quoi. Le ruban ne décolle plus. Et dire que j'ai pesté contre les divers rouleaux de rubans achetés depuis le début de mon processus de restauration. Pauvres petits rouleaux, veuillez m'en excuser ! Je vous ai faussement accusés. Blagues à part, je n'ai plus de problèmes de décollement dans la journée. Il fallait le savoir et je prends conscience encore plus de l'importance de pouvoir partager ses succès et ses péripéties avec des personnes ayant de l'expérience. Non seulement j'ai réglé un problème mais en plus je comprends mieux la mécanique et espère par le fait même mettre encore plus de chance de mon côté pour avoir des résultats probants et efficaces.

J'ai indiqué le mois dernier que je verrais à prendre une autre série de photos pour évaluer mes progrès. Il est toujours difficile de juger si j'accomplis des progrès quand je me regarde à tous les jours. Ce n'est donc que par le biais des photos (qui elles sont objectives) que je pourrai constater et me réjouir ou encore être un peu déçu. Les photos sont prises et… eh oui, c'est un peu décevant. Je pensais ou voulais que les résultats soient meilleurs. Je ne dis pas que je n'ai pas de progrès du tout, il me semble qu'il y en a, mais pas autant que j'aurais souhaité et qu'il me semble que j'avais obtenu au début du processus. Il faut dire (faut bien trouver des défaites) que j'ai été trois (3) semaines sans appliquer le ruban durant ma période de vacances.

Comme vous pourrez le constater vous-même, je ne vois pas beaucoup de différence. J'ai ajouté une photo de profil qui permet de voir et l'avant et l'arrière en terme de quantité de peau. Bon allons, je ne me décourage pas et je continue. Soyez-en assurés.

Allons, terminé pour ce mois-ci. On se redonne des nouvelles le mois prochain. Mais j'oubliais, j'aime bien recevoir du courrier électronique et lire vos commentaires et pourquoi pas, partager aussi votre vision des choses, vos motivations et même votre appréciation de mes progrès. Vous êtes peut-être meilleurs juges que moi. Alors à bientôt !

 

Octobre 1999

 

Je sais, je sais, je suis en retard à publier mon journal d’octobre. Même si je n’ai pas à me justifier, le manque de temps est la source même de ce délai. Je dois vous rassurer sur le fait que je n’ai pas abandonné, bien au contraire. Les lignes qui suivent vous le prouveront.

Je pensais que le mois d’octobre serait un mois tranquille. C’était effectivement très tranquille jusqu’à la moitié du mois. Plus aucun problème de décollement, pas de problèmes quant à l’intégration de mon processus de restauration dans ma vie privée, pas de problème d’application ou de peau. La vie tranquille je vous dis.

Mais, vers le 15, je réalise des choses. Au moment où je me disais que le processus est long, très long et que ce n’est pas demain la veille de voir mon gland recouvert, je réalise que lorsque je pose le ruban (le matin), il est extrêmement facile de tirer le ruban et la peau vers l’avant. Autant je pouvais sentir une certaine tension lorsque je tirais sur le ruban pour l’attacher à la bretelle, autant maintenant, je sens que c’est beaucoup plus facile. Il me semble que je ne ressens plus la même tension, que la peau s’étire doucement et facilement. Je crois en fait, que je viens d’atteindre un nouveau stade dans le processus de persuasion de ma peau. Je suis convaincu que des progrès intéressants pourront être visibles au cours des prochains mois. Ce sera à suivre.

Je crois que la meilleure chose que je puisse partager avec vous est d’être à l’écoute de votre corps (bon encore un granola qui va parler… J ). Bien non, pas un granola mais simplement le partage d’un élément de motivation si vous trouvez que ça prend du temps. C’est vrai que le temps est long quand on souhaite avoir des résultats fascinants rapidement, mais il faut prendre son mal en patience.

Quand j’ai soumis mon projet de journal au responsable de Info-Circoncicion de Montréal au printemps dernier, je m’étais dit que cela pourrait combler un certain manque dans le monde francophone sur la restauration non chirurgicale du prépuce. J’invite les gens à m’écrire et me faire partager leurs commentaires. Je ne reçois pas une tonne de lettres mais celles que j’ai reçues sont vraiment intéressantes. Je crois sincèrement maintenant avoir comblé un vide dans le monde Internet puisque quelques messages me sont parvenus de l’Europe (la France en particulier). On me pose des questions quant à la technique du ruban en « T » (« T-Tape ») en mentionnant que tous les sites connus qui expliquent cette technique sont en anglais et qu’il leur est difficile (voire impossible) d’interpréter adéquatement les explications compte tenu de leur méconnaissance de la langue anglaise. J’avoue bien humblement que je suis privilégié à ce niveau car sans être parfaitement bilingue, je me débrouille passablement bien en anglais.

Je n’ai pas été en mesure de tout expliquer car, premièrement il me manque de temps pour pouvoir répondre à mon courrier comme je le voudrais et, deuxièmement, je n’ai pas le matériel requis pour pouvoir bien expliquer avec un support graphique ou photographique approprié. Je suis désolé de la situation et me donne comme projet de monter un jeu de photos et d’explications des étapes à suivre. D’ailleurs, je viens de faire l’acquisition d’un appareil photo numérique qui devrait faciliter grandement le travail. Je ne vous promets pas le résultat pour bientôt, je ne sais pas quand je pourrai le mener à terme mais je vous assure que je ferai tout pour le réaliser dans les quelques mois qui viennent. Je vais également en discuter avec les responsables de l’organisation de Montréal afin de m’assurer que je ne véhicule pas des explications techniques qui ne soient pas adéquates pour l’ensemble des hommes même si la description est exactement la technique que moi j’applique et avec laquelle je n’ai pas vraiment de problèmes.

Voilà pour le volet technique des questions posées. D’un point de vue personnel maintenant, j’ai reçu quelques messages fort intéressants. D’abord un message de quelqu’un qui m’a indiqué que je lui ai redonner le goût de reprendre le processus de restauration. Il avait laissé pour diverses raisons et à la lecture de mon journal, il a repris. Également, quelqu’un d’autre m’a signifié que contrairement à ce que je mentionne sur le fait que je ne voyais pas vraiment de changement, il constatait au contraire une évolution certaine. Je l’ai déjà dit, je suis souvent mauvais juge compte tenu de la proximité qui existe entre ma tête et mon pénis (he he he).

J’ai établi également une correspondance soutenue avec un homme qui pratique la restauration et qui applique actuellement la technique du « O-Ring » puisqu’il a une certaine irritation de la peau qui l’empêche d’utiliser la technique du ruban. Cet échange est très intéressant.

En terminant, je vous donne un aperçu de ce que contiendra mon journal de novembre puisque j’ai discuté avec mon dermatologue du processus de restauration dans lequel je suis engagé. Ce dermatologue m’a été référé par quelqu’un qui le savait très ouvert à l’approche non chirurgicale de restauration. Compte tenu du nombre de mois où j’ai commencé l’application du ruban, il a émis un commentaire très encourageant. Il semblait étonné de voir le résultat compte tenu de la période de 6 mois d’application seulement. Il m’a suggéré de mettre un tout petit peu (et j’écris bien juste un tout petit peu) d’huile d’amande douce sur le gland juste avant de tirer la peau vers l’avant afin de créer une certaine humidité qui favorisera la sécrétion de muqueuse. Ce sera à suivre…

Il n’y a pas de photos ce mois-ci mais il y en aura le mois prochain, c’est promis.

 

Envoyer vos questions ou commentaires à Stéphane.

 

Novembre 1999

 

Tel qu’annoncé le mois dernier, j’ai adopté l’utilisation de l’huile d’amande douce sur le pourtour du gland afin de créer une certaine humidité lorsque je tire la peau vers l’avant. Selon mon dermatologue, cette humidité favorisera la re-génération des muqueuses naturelles. J’ai également indiqué qu’il fallait en mettre peu. Alors devinez quoi? Hé bien oui, j’en ai trop mis. La conséquence, décollement de mon ruban. Mais vous connaissez maintenant mon optimisme habituel et ma détermination, alors analyse de la situation, de la quantité d’huile appliquée, endroit d’application, etc.

Mon constat est que je mettais de l’huile sur tout le gland et ceci fait que c’est trop. Je me résous donc à n’en mettre que sur la base du gland, sur la couronne et non sur le gland au complet. À partir du moment où j’ai tenu en compte cet aspect, je n’ai plus eu de problèmes réguliers. Il m’arrive encore parfois que le ruban décolle, mais ceci est très peu fréquent maintenant.

Mon horaire d’application du ruban avec tension était grosso modo du lundi au vendredi de 07h00 à 21h00. Les week-ends étaient consacrés au repos de la peau, donc sans application de ruban. Mais depuis la mi-novembre, j’utilise maintenant la technique de l’anneau (« O-Ring ») le week-end. Les explications obtenues par l’un de mes correspondants (Identifier comme P.) ont été bénéfiques. Autant j’avais de la difficulté à installer cet anneau (« O-Ring ») , autant maintenant, c’est presque un jeu d’enfant. Lors de nos échanges, P. m’a soulevé l’avantage d’utiliser l’anneau les week-ends afin de conserver la sensibilité du gland qui se développe la semaine alors que le gland est recouvert. Durant le week-end, je perdais donc un peu de cette sensibilité. En plus, le fait d’étendre la période d’étirement de la peau, les résultats se feront sûrement sentir plus rapidement.

Je continu à recevoir plusieurs messages de l’Europe. On m’invite et me presse de plus en plus à décrire en français, la technique du ruban en T avec photos à l’appuie. Je réitère ma volonté de produire le matériel pédagogique approprié pour le tout début de l’an 2000. Je vise le mois de janvier, ce n’est pas une promesse mais bien un objectif que je me fixe. Je veux produire un matériel de qualité tant dans l’aspect visuel qu’au chapitre de la description. Il faudra donc (malheureusement) encore patienter.

En terme de résultats observés, je considère que je fais des progrès intéressants. La peau se tire maintenant très facilement, un vrai charme. Tel que promis, j’ai pris des photos. Vous trouverez les photos habituelles soit debout et assis. Je dois avertir dès maintenant que ce sont mes premiers essais avec mon nouvel appareil numérique de même qu’avec le logiciel associé pour le transfert et le traitement des images. Vous me pardonnerez donc de la qualité non uniforme des photos, ça devrait s’arranger avec l’expérience.

 

 

J’ajoute également des photos avec l’anneau (« O-Ring »). Vous pouvez donc voir comment l’anneau est installé. J’ai donc pris une photo de profil afin de bien voir l’installation.

 

 

J’ai également ajouté une photo spéciale pour moi. En effet, c’est une photo de mon pénis recouvert partiellement de peau. J’ai pris cette photo quelques 20 secondes après avoir enlever l’anneau. Ce n’est donc pas une photo truquée. Le plaisir que je ressens est grand. Il y a quelques mois à peine, il aurait été absolument impossible pour moi de prendre une telle photo et ce même après une fraction de seconde après avoir enlevé le ruban ou l’anneau. Imaginez donc ma joie en constatant que la peau peu rester en place pour près de 30 secondes. Pour utiliser une analogie de la publicité des Clubs Med, il y a quelques années, pour 30 secondes maintenant, imaginez maintenant une semaine…

 

Et quelques secondes plus tard…

 

 

Maintenant, je vois très bien le résultat de ma volonté dans l’application de la technique de restauration non chirurgicale du prépuce. Je suis très content des résultats. C’est bien sûr que j’aimerais avoir encore plus de peau tout de suite mais je suis très content de ce que je constate ce mois-ci par rapport aux mois antérieurs, et qui plus est, les résultats sont impressionnants par rapport au mois dernier. Je sens que l’amélioration de l’utilisation de la technique du ruban combinée avec l’utilisation de la technique de l’anneau contribuent grandement à ces résultats.

Voilà pour le mois de novembre. Je puis vous assurer que j’entreprends le mois de décembre avec beaucoup d’optimisme. Je continue à vous encourager à communiquer avec moi, même si ce n’est que pour me signaler votre présence, votre intérêt pour la restauration et votre assiduité à me lire. Je vous assure la confidentialité de vos coordonnées, alors n’hésitez pas à m’écrire.

À bientôt.

 

Envoyer vos questions ou commentaires à Stéphane.

 

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InfoCirc ¦ Dernière modification: 15 août, 2004 ¦