L’HYGIÈNE CORRECTE
ET INCORRECTE
DU PÉNIS INTACT
( NON CIRCONCIS ) DE L’ENFANT

 

Ce document a été créé pour compléter l’article du Docteur Pierre Williot, Le prépuce : pour couper court à la controverse ( ci-joint ), surtout en matière de soins hygiéniques correctes et incorrectes du prépuce de l’enfant.

Chez l’adulte, le prépuce est en principe complètement rétractile ( ou « dilatable »  ), ce qui veut dire qu’à partir de sa position normale vers le devant, il peut être rétracté/déplacé vers l’arrière ( vers l’abdomen ) pour exposer tout le gland ( la tête du pénis ) et la surface interne du prépuce ( dite muqueuse prépuciale ). De cette position rétracté, il peut ensuite être ramené encore vers le devant, et ainsi de suite. Chez l’adulte, donc, le prépuce est une structure anatomique mobile. [ Pour la résolution d’une non-rétractilité du prépuce chez l’adulte, voir dernier paragraphe, « La résolution du phimosis réel chez l’adulte ». ]

Chez l’enfant, par contre, il ne faut pas s’attendre à ce que cette rétractilité/dilatabilité/mobilité du prépuce soit le cas ; elle ne le devient que très graduellement, par voie naturelle, sans aucun besoin d’être précipitée ( voir ci-dessous ).

Ainsi, toute dilatation forcée ou autre intervention ( par exemple, « bris d’adhérences » ) effectuée dans le but de rendre dilatable, par force, le prépuce de l’enfant est maintenant reconnue par toutes les plus hautes instances en matière de pédiatrie — Société canadienne de pédiatrie ( SCP ), Académie américaine de pédiatrie ( AAP ), etc. — comme étant potentiellement nuisible et donc déconseillée et contre-indiquée ! Une telle manipulation entraîne une séparation forcée et prématurée de deux plans ( prépuce et surface du gland ) qui ne sont pas prêts encore à être séparés, l’un de l’autre, et exposés. Cette manipulation peut entraîner : énormément de douleur, du saignement, des déchirures dans la peau qui formeront des cicatrices, ainsi que d’autres réactions de la peau qui rendront le prépuce moins souple ( amenant à un phimosis acquis [1]à ne pas confondre ( ! ) avec le phimosis physiologique, une caractéristique normale chez l’enfant, décrite ci-dessous ) ; et le paraphimosis ( voir note sur ce dernier, ci-dessous ).

Malheureusement, beaucoup de gens, y compris des professionnels de la santé mal informés, fonctionnent toujours sous des conceptions érronées issues du passé [2] et ne sont pas au courant des consignes de la SCP, la AAP et autres associations médicales. Trôp souvent, on suggère aux parents d’effectuer ce genre de manipulation tout à fait déconseillé. Beaucoup des gens que vous connaissez ( tantes, belle-mères, voisins, collègues, amis, etc. ) fonctionnent sûrement aussi sous ces conceptions érronés, ayant étés ainsi malinformés par leur médecin dans le temps ou aujourd’hui même !

 

Caractéristiques et développement du pénis de l’enfant

Au cours de la petite enfance ou de l’enfance, deux processus très graduels s’effectuent par eux-mêmes : 1 ) la séparation entre le gland et le prépuce, et 2 ) l’élargissement et l’elasticité de plus en plus importante de l’ouverture ( l’extrémité ) du prépuce, nommé l’anneau prépucial. Le délais de ces deux processus peut varier considérablement d’un enfant à un autre, cette grande variation étant normale. Le moment où ces deux processus physiologiques spontanés commencent ainsi que le temps qu’ils peuvent prendre pour se compléter sont différents pour chaque individu ( ce dernier pouvant aller jusqu’à la tard adolescence ).

Pour un excellent traitement en français du développement du pénis intact ( c’est-à-dire, non circoncis ) de l’enfant, veuillez consulter l’article Le prépuce : pour couper court à la controverse du Docteur Pierre Williot, ancien chef du département d’urologie de l’hôpital Ste-Justine ( ci-joint ). VEUILLEZ NOTER, par contre, que le conseil du Docteur Williot d’effectuer des dilatations douces « à partir de l’âge de six à 12 mois » ( page 35 ) vient être remplacé par une consigne encore moins invasive qui laisse à la nature le soin de s’occuper des deux processus de la séparation gland-prépuce et de l’élargissement de l’ouverture prépuciale. Il ne faut donc pas chercher à précipiter ou accélérer ces deux processus, car tout effort dans ce sens est non seulement pas nécessaire, mais potentiellement nuisible. ( Voir paragraphes sur l’hygiène correcte, page 3. )

Au cours du développement de certains enfants, le prépuce va ballonner lors de l’urination. Ceci est normal et indique que le prépuce et le gland de l’enfant ont commencé à se séparer l’un de l’autre. Ce ballonnement est dû au fait que le calibre de l’ouverture prépuciale demeure pour l’instant étroit. Dans ce cas, il n’y a pas à s’inquiéter, à moins qu’il s’agisse d’une rétention urinaire grave, où l’urine sort goutte à goutte pendant plusieurs minutes ( voir Williot ) [3].

 

L’HYGIÈNE CORRECTE DU PÉNIS DU BÉBÉ ET DU GARÇON

On a tous entendu dire que « l’hygiène du pénis de l’enfant non circoncis est une chose tellement compliqué. « En fait, comme le reconnaissent toutes les associations de pédiatrie, rien n’est plus loin de la vérité. C’est d’ailleurs justement cette croyance dépassée, cette superstition si on veut — voulant qu’il faut « ouvrir » par force le pénis de l’enfant et laver les parties internes — qui a été responsable de la majorité des problèmes prépuciaux ( infections, inflammations, phimosis iatrogènes, paraphimosis ) qu’ont connu les garçons en Amérique du nord au cours de ce siècle où l’on a été mal informé jusqu’à tout récemment.

En réalité, l’hygiène correcte du pénis intact du bébé ou du garçon est très simple. Différente de celle de l’adulte, oui ; mais aussi simple que celle-ci. Il n’y a donc pas lieu de recourir à quelque manipulation compliquée que ce soit. Il n’est ni nécessaire ni souhaitable ( même déconseillé ) d’exposer at de laver des parties du gland et de l’intérieur du prépuce qui ne se sont pas encore séparés, les uns des autres, par voie naturelle.

La façon de procéder est de laver le pénis du bébé ( ou de l’enfant chez qui la séparation gland-prépuce n’a pas encore commencé ) comme on laverait son doit, en ne cherchant pas à laver des parties internes ( sous son prépuce encore non dilatable ) qu’on ne peut d’ailleurs pas voir facilement. Avec les mois ou les années ( selon l’enfant ), le prépuce se séparera progressivement du gland et le bout/l’ouverture du prépuce, dit anneau prépucial, s’élargira et deviendra plus élastique et dilatable de façon à ce que de plus en plus du gland et de la muqueuse prépuciale soit visible lorsqu’on rétracte très doucement le prépuce en respectant soigneusement les limites permises de la peau. Selon les consignes les plus sécuritaires, il suffit alors de rincer avec de l’eau tiède les parties du gland et les parties internes du prépuce que l’on peut facilement voir lors d’une telle dilatation très douce. ( Veuillez noter que le savon ainsi que l’eau chaude peuvent parfois irriter les muqueuses. Si vous utilisez du savon, assurez-vous qu’il soit très doux et n’y ayez recours qu’avec modération. De plus, il est déconseillé d’utiliser une débarbouillette sur le gland et les parties internes du prépuce, car elle risque d’irriter ces parties sensibles. )

Chez certains enfants, le prépuce sera toujours non rétractile ( ou « non rétractable » ou « non dilatable » ) même au moment où l’enfant lui-même s’occupera de sa propre hygiène. Il suffira alors de l’inviter tout simplement à laver son pénis comme maman ou papa le lui lavait jusque là. S’il est plus agé et qu’il est intéressé à en connaître davantage au sujet de son corps, il est bien de lui expliquer, dans des termes simples et compréhensibles, les deux processus de développement mentionnés ci-dessus et de l’inviter à suivre la manière décrite lorsqu’il fait sa toilette. Expliquez-lui l’importance de ne pas forcer son prépuce vers l’arrière avant qu’il ne se soit séparé du gland. ( Vous remarquerez que les garçons ont tendance à étirer leur prépuce vers le devant, ce qui contribue à accroître l’élasticité de celui-ci. ) Retenez les informations du paragraphe sur le paraphimosis ( plus loin ), pour les utiliser si l’enfant a tenté malencontreusement de découvrir son gland malgré le fait que son anneau prépucial est toujours trop étroit.

 

Les soucis sans fondement  : prépuce « trop étroit », « trop long », «  rédondant », « en trompe d’éléphant »

Il est tout à fait normal que l’ouverture du prépuce soit très étroite à la naissance et pendant plusieurs années. Chez certains enfants, cette étroitesse normale de l’ouverture prépuciale ( l’anneau prépucial ) persistera pendant plusieurs années tandis que chez d’autres, l’ouverture prépuciale sera élastique et facilement dilatable déjà à l’âge d’un an. Les uns ne sont pas moins normaux que les autres, car toutes ces variantes morphologiques sont normales chez l’enfant.

Chez la majorité des enfants tout comme chez beaucoup d’adultes, le prépuce dépasse le gland. Chez certains individus même, ce petit bout qui dépasse peut paraître assez long ou comme une petite « trompe d’éléphant » ; il n’y a rien d’anormal là-dedans. De toute façon, avec l’âge, cette petite « trompe » se fera remplir de plus en plus par le corps du pénis. Et si à l’âge adulte le prépuce demeure remarquablement long, tant mieux ! Comme un auteur en a fait la remarque dans le British Journal of Urology: « On ne peut pas avoir trop d’argent...ni trop de prépuce. »

 

Note sur le paraphimosis ( le prépuce pris derrière le gland )

Un paraphimosis chez l’enfant est la plupart du temps dû à une dilatation effectuée par un parent, un professionnel de la santé mal informé, une autre personne qui s’occupe de l’enfant, ou plus rarement par le garçon lui-même.

Il s’agit de la situation dans laquelle le prépuce d’un garçon ayant toujours un phimosis physiologique — c’est-à-dire, chez qui l’anneau prépuciale se trouve toujours à la phase normale de développement où il est trop étroit pour facilement surmonter la couronne du gland — vient par une telle dilatation forcée à être pris derrière le gland de façon à ce qu’il ne puisse pas être ramené facilement vers le devant. Dans ce cas, le gland se gonfle de sang, ce qui rend encore plus difficile le déplacement de l’anneau prépucial vers le devant.

Dans une telle circonstance, comprimez le gland entre votre pouce et votre index plus ou moins fortement, dépendamment du besoin. Cette manœuvre le videra de son sang ( le gland étant comme une éponge ) et on devrait alors pouvoir ramener le prépuce vers le devant ( Illingworth, 1983 ). Dans le cas rare où une telle compression ne réussit pas à résoudre le problème, adressez-vous à une salle d’urgence où l’on pourra employer de la glace dans un gant de caoutchouc ( Houghton, 1973 ) ou injecter de l’hyaluronidase dans la région ( DeVries, 1996, <http://www.cirp.org/library/treatment/phimosis/devries/> ) afin de réduire le gonflement et de mettre fin au paraphimosis. Le dernier recours devrait être la chirurgie.

Le paraphimosis peut aussi affecter le faible pourcentage d’adultes chez qui l’anneau prépucial demeure étroit dû à un phimosis réel plus ou moins important ; dans ce cas, les mêmes moyens peuvent être employés, de même que l’utilisation de crèmes stéroïdales pour vaincre le phimosis. Renseignez-vous auprès de Info-Circoncision, ( 514 ) 844-2472.

 

Utilisation de crèmes stéroïdales ( ou non stéroïdales ) chez l’enfant

Quand-même que des crèmes stéroïdales ( ou non stéroïdales ) peuvent « résoudre » un phimosis physiologique chez l’enfant, il n’y a en général aucun besoin d’y recourir car il n’y a en effet rien là qui nécessite d’être « résolu » vue que cette étape de développement est normal et qu’il se transforme en principe par lui-même avec les mois ou les années, dépendamment de l’individu. Il vaut mieux plutôt reconnaîte l’aspect normal du prépuce non dilatable de l’enfant, et en être rassuré. Si toutefois il devient nécessaire de précipiter l’élargissement de l’ouverture prépuciale, l’utilisation de crèmes stéroïdales ( ou non stéroïdales ) est l’option la plus intéressante. ( Appeler Info-Circoncision pour être référé à un médecin qui est familier avec l’utilisation de telles crèmes ou consultez le <http://www.cirp.org/library/treatment/phimosis/> )

 

La résolution du phimosis réel chez l’adulte

Un très faible pourcentage ( 1% à 2% ) des garçons, rendus à 18 ans, demeureront avec un prépuce non dilatable à un degré ou un autre. Ceci s’appelle phimosis, ou plus précisément, phimosis réel. ( Le phimosis réel adulte ne doit pas être confondu avec le phimosis physiologique de l’enfant, ce dernier représantant une phase normale du développement du pénis avant que le processus graduel de séparation entre gland et prépuce se soit complété spontanément, ce qui peut prendre des années chez certains enfants, cela étant tout à fait normale ; voir ci-dessus ). Un adulte ayant un phimosis et qui voudrait rendre dilatable son prépuce peut s’informer auprès de Info-Circoncision pour des renseignements concernant les diverses options non chirurgicales ( utilisant des crèmes stéroïdales ) ou chirurgicales ( plasties de la peau ) qui en général arrivent à rendre dilatable un prépuce phimosé. La circoncision, vue qu’elle ne guérrit pas le prépuce phimosé mais plutôt l’ampute, devrait être considérée comme le moyen de dernier recours ; trop souvent, des praticiens mal informés la pratiques comme moyen de premier recours. ( Appeler Info-Circoncision pour être référé à un médecin qui est familier avec l’utilisation de telles crèmes ou consultez le <http://www.cirp.org/library/treatment/phimosis/> )

 

Pour toute clarification ou information supplémentaire, veuillez entrer en contact avec nous chez Info-Circoncision. Il nous fera plaisir de vous aider.


Notes :

[1] aussi appellé phimosis iatrogène ( du grec iatros, médecin + gène, causé par ). Un phimosis acquis ou iatrogène est un phimosis causé par un médecin, un parent, ou autre personne. ( Reculer )

[2] La Société canadienne de pédiatrie indique que: «  En général, on évalue mal la longue période qui s’écoule avant que le prépuce ne se sépare tout à fait du gland par voie naturelle. Certains auteurs soulignent encore la présence d’adhérences alors qu’en fait, la séparation ne s’est pas encore produite. De même, un prépuce non rétractile est parfois incorrectement diagnostiqué comme un phimosis » ( Comité d’étude du foetus et du nouveau-né, Société canadienne de pédiatrie. La circoncision néonatale revisitée. Mars 1996, No de référence : FN96-01 ). Voir page ci-jointe, «  Le problème des mauvais diagnostics » (  <http://www.infocirc.org/phimosf.htm>  ) ( Reculer )

[3] Dans un cas de rétention urinaire grave, une crème stéroïdale peut être préscrite afin de précipiter l’élargissement de l’ouverture prépuciale assez pour atténuer cette situation extrème. ( Reculer )

 


Sources:

Williot P. Le prépuce: pour couper court à la controverse. Le Clinicien, octobre 1994: pp. 33-43.

American Academy of Pediatrics. Care of the uncircumcised penis ( dépliant, 1998 ). <http://www.aap.org/family/uncirc.htm>

Naouri, A. Ne touchez plus au prépuce de l'enfant. Le Généraliste, numéro 868, mardi 2 décembre 1986 ( Paris ) ISSN 0183 4568.

Naouri, A. L’enfant bien portant : Les premières années. Éditions du Seuil, avril 1993, janvier 1997, février 1999 ISBN 2-02-036681-9.

Taylor JR, Lockwood AP, Taylor AJ. The prepuce: specialized mucosa of the penis and its loss to circumcision. British Journal of Urology, vol. 77, no. 2 ( février 1996 ): pp. 291-295. <http://www.cirp.org/library/anatomy/taylor/>

Cold CJ, Taylor JR. The prepuce. BJU International, vol. 83, supplément 1 ( janvier 1999 ): pp. 34-44.

Illingworth R. The normal child: some problems of the early years and their treatment. Churchill Livingstone, 1983: p. 101.

DeVries C. Reduction of paraphimosis with hyaluronidase. Urology 1996, vol. 48: pp. 464-465.

Houghton GR. The ‘ice-gloved’ method of treatment of paraphimosis. British Journal of Surgery, vol. 60, no. 11 ( novembre 1973 ): pp. 876-877.

 

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InfoCirc ¦ Dernière modification: 15 août, 2004 ¦