A. L’étendue du phénomène

B. L’historique de la circoncision systématique des bébés mâles dans un but non thérapeutique ( circoncision non religieuse )

C. Définition du prépuce pénien

D. Développement du pénis

E. Hygiène facile

F. Pourquoi on opte pour la circoncision

G. Risques immédiats et complications chirurgicales possibles

H. Conséquences néfastes possibles à long terme


A. L’étendue du phénomène

  • Pourcentages de circoncision actuels pour les pays suivants : États-Unis : 60 %; Canada : 20-25 %; Australie : 15 %.

  • Chaque jour, aux États-Unis, plus de 3 300 bébés mâles sont choisis pour se faire circoncire ( un choix qui n’est visiblement pas le leur ), soit un bébé à toutes les 26 secondes, 1,25 million chaque année à un coût annuel dépassant les 200 millions de dollars, défrayé par les parents et les assureurs. On ignore le nombre d’heures de travail que prennent ces interventions inutiles.

  • Plus de 80 % des mâles dans le monde sont non circoncis; 20 % des bébés mâles subissent donc une forme ou une autre de mutilation génitale.

  • Les États-Unis sont le seul pays au monde où l’on circoncit la majorité des nouveaux-nés mâles pour des raisons non religieuses.

  • Aux États-Unis, plus de 90 % des circoncisions effectuées le sont pour des raisons non religieuses.

B. L’historique de la circoncision systématique des bébés mâles dans un but non thérapeutique ( circoncision non religieuse )

  • Les médecins britanniques et américains trouvèrent logique de pratiquer des interventions chirurgicales sur les parties génitales des enfants mâles et femelles pour prévenir la masturbation ou l’empêcher ! Ce raisonnement prit naissance en Angleterre, à l’époque victorienne, puis se répandit graduellement, de même que la pratique de la circoncision, au reste du monde anglo-saxon.

  • Une fois que la circoncision était chose courante, voici les raisons qui ont motivé la poursuite de cette pratique : rendre les fils semblables aux pères circoncis; conformer les garçons du point de vue de l’anatomie à ses pairs ( les garçons circoncis canadiens font toutefois partie d’une minorité de 20 à 25 % ); améliorer l’hygiène; prévenir un prépuce serré, non rétractable ( du point de vue médical, on sait maintenant qu’il s’agit là d’un processus normal de développement du prépuce de l’enfant ); comme moyen de prévention contre l’infection urinaire, les MTS, le cancer du pénis ou du col urinaire et le sida. ( Des renseignements supplémentaires sur ces différents raisonnements sont fournis plus bas. )

    ( Faire appel à la circoncision pour prévenir ces conditions inhabituelles qu’on peut d’ailleurs prévenir et traiter, c’est plus qu’il n’en faut : on a pratiquement utilisé toutes les excuses pour faire appel à la circoncision pour prévenir ou guérir ce qui peut être fait d’autres façons, tout en respectant le corps et l’intégrité génitale. Dans le monde entier, lorsque les problèmes relatifs au prépuce se présentent, on les traite de façon médicale et non chirurgicale. )

  • Avec une meilleure compréhension des organes génitaux externes du mâle et depuis la création du British National Health Service en 1948, la circoncision en Grande-Bretagne perdit rapidement du terrain et, à ce jour, représente moins d’un demi pour cent.

C. Définition du prépuce pénien

  • Le prépuce pénien (les femmes ont également un prépuce, nommé le prépuce clitoridien) est une enveloppe naturelle rétractable protégeant le gland du pénis et constitue la partie la plus érogène du pénis en ce qui a trait à la quantité, la concentration et la qualité des récepteurs sensoriels spécialisés dont est pourvu le prépuce, plus précisément la tunique (membrane) muqueuse intérieure (qui se redéploie derrière le gland quand le prépuce est décalotté et au cours de l’érection).

  • Le prépuce moyen d’un adulte a un pouce et demi de long (peau externe) et un pouce et demi de long (tunique muqueuse interne), représentant un total de 3 pouces, et a 5 pouces de circonférence lorsque le pénis est en érection. Cela représente une surface de 3 x 5 pouces, soit la surface d’une fiche!

  • Il contient plus de 240 pieds de nervures et plus de 1 000 terminaisons nerveuses tout en étant une structure hautement vascularisée.

  • Le prépuce contient de la muqueuse jonctionnelle qui semble être une composante importante de tout le mécanisme sensoriel du pénis (J.R. Taylor et al., The prepuce: specialized mucosa of the penis and its loss to circumcision. British Journal of Urology (1966) 77, p. 291-295).

  • Le prépuce n’est pas vestigial ni un tissu redondant, en ce sens qu’aucune autre partie du corps de l’homme ne peut remplacer le prépuce ou ne peut donner les mêmes sensations.

  • Le prépuce sert à protéger le gland et à maintenir sa peau mince, sa texture et sa sensibilité comme la nature l’a prévu.

  • Le prépuce procure des sensations fortes. Il joue également un rôle d’autolubrification. Il sert d’enveloppe qui glisse sur le pénis dans un mouvement de va-et-vient durant les rapports sexuels, rendant la qualité de la friction plus douce et moins abrasive. C’est d’une grande utilité à la femme, surtout durant des rapports prolongés et lorsqu’elle secrète de moins en moins de lubrifiant avec l’âge. Avec la circoncision, ce mécanisme de glissement est perdu.

  • Le prépuce sert à protéger le gland du pénis de l’enfant de l’urine et des matières fécales lorsqu’il est incontinent.

D. Développement du pénis

  • Le développement du pénis est incomplet chez le nouveau-né mâle et la séparation du gland (qui rend le prépuce rétractable) se produit entre l’âge de 9 mois et 3 ans.

  • Le prépuce serré non rétractable (phimosis physiologique) se résout avant l’âge de 6 ans chez 92 % des garçons, 94 % chez les adolescents. 1 % des jeunes adultes auront un prépuce non rétractable. (Des étirements en douceur, systématiques, pratiqués par le jeune adulte sur lui-même, sont tout indiqués pour régler ce problème. De plus, de la crème stéroïde donne de bons résultats dans 90 % des cas.) La circoncision du nouveau-né interrompt de façon traumatisante la séparation naturelle du prépuce du gland.

E. Hygiène facile

  • L’Académie américaine de pédiatrie (AAP) (American Academy of Pediatrics) déclare : « Le pénis non circoncis est facile à maintenir propre. Aucun soin particulier n’est requis. Il est inutile d’insister de retirer le prépuce [d’un enfant dont le prépuce ne peut pas être encore retiré]. »

  • Une hygiène simple et complète offre tous les avantages possibles de la circoncision sans devoir sacrifier l’intégrité physique que comporte la circoncision.

  • L’hygiène d’un pénis non circoncis est très facile et requiert moins de temps que l’hygiène buccale, féminine ou anale. (Si un homme met plus de 10 secondes à laver son prépuce, c’est qu’il en éprouve du plaisir.)

F. Pourquoi on opte pour la circoncision

  • La circoncision d’un bébé est pratiquée à la demande des parents soi-disant pour des raisons d’hygiène. Toutefois, les recherches révèlent (et les connaissances médicales reconnaissent) que les raisons sociales et esthétiques des parents entrent en ligne de compte. (Le docteur Mark Brown,« Circumcision Decision: Prominence of Social Concerns ». Pediatrics, vol. 80, no 2, août 1987, p. 215-219.)

G. Risques immédiats et complications chirurgicales possibles

  • Aucune statistique précise n’est disponible relativement aux complications engendrées par la circoncision du bébé.

  • Selon l’Académie américaine des pédiatrie (AAP), la fréquence exacte des complications postopératoires est méconnue.

  • Soit que l’on ferme souvent les yeux sur les complications, soit qu’on ne les signale pas. Si, toutefois, on les signale, on en minimise la portée. Ces complications comprennent : déchirures, ‘skin bridges’ (ponts de peau entre la peau restante et la couronne du gland), coudures de la verge, méatite (irritation du méat urinaire), sténose méatique (sténose du méat urinaire), rétention urinaire, nécrose du gland, saignements, méningite, septicité, gangrène, perte de sensibilité du pénis qui requiert un nouvel apprentissage. La documentation est remplie d’exemples de cas morbides, voire même de décès, provoqués par la circoncision du bébé.

  • Un article du British Journal of Survey (oct. 93) mentionne que le taux de complication réaliste se situe entre 2 et 10 %. (Williams, N., Complications of Circumcision, British Journal of Surgery, vol. 80, octobre 1993, p. 1231-1236.)

  • La circoncision de l’enfant en bas âge supprime un tissu normal, sain, utile, fonctionnel, érogène qui appartient à une personne autre que celle qui opte pour la circoncision. Au lieu d’un tissu normal ayant beaucoup de nerfs, la circoncision laisse une cicatrice autour du pénis.

H. Conséquences néfastes possibles à long terme

  • On estime qu’un minimum de 1,3 à 6,6 millions de mâles nés aux États-Unis entre 1940 et 1990 éprouvent un certain degré de complication physique attribuable à la circoncision pratiquée à la naissance. Un nombre inconnu d’hommes éprouvent une certaine forme de complication sexuelle ou psychologique.

  • La circoncision constitue une soustraction, l’ablation d’un tiers aux deux tiers de toute la peau du pénis.

  • Les conséquences néfastes possibles à long terme (physiques) comprennent : affections de l’épiderme; ‘skin bridges’ (ponts de peau entre la peau restante et la couronne du gland); cicatrisation importante; érections serrées et douloureuses; saignement de la cicatrice de la circoncision au cours d’une relation prolongée (représentant une porte d’entrée efficace du virus HIV entre autres); pénis courbée en raison d’une perte inégale de peau; différence de la couleur de la peau; perte de sensibilité progressive (kératinization progressive de la surface du gland); stimulation excessive et douloureuse ou manipulation exagérée pour atteindre l’orgasme; déformation du gland.

  • Les conséquences néfastes de nature psychologique qui ont été notées et documentées comprennent : dysfonction sexuelle à différents niveaux, y compris l’impuissance; prise de conscience de la perte d’un fonctionnement normal, protecteur, sensoriel et mécanique; colère; ressentiment; sentiments de trahison de la part des parents; sentiment (conscience) d’avoir été mutilé; sentiments (conscience) qu’on a violé et enlevé le droit d’avoir un corps intact; sentiments (conscience) de ne pas être entier ni naturel; dépendances; sentiment d’infériorité sur le plan de l’anatomie à l’égard des hommes intacts (non circoncis); le fait d’envier un prépuce (ou un pénis intact).
  • Aucune étude n’a été faite sur la qualité et la quantité des effets négatifs à long terme sur les hommes ayant subi la circoncision à la naissance.

  • Un sondage effectué sur des hommes circoncis, qui sont conscients qu’on leur a fait du tort dans une certaine mesure (physiquement, psychologiquement, émotivement, sexuellement ou éthiquement) à cause de la circoncision est en cours depuis 1993. (Awakenings: A Preliminary Poll of Circumcised Men — Revealing the Long-Term Harm and Healing the Wounds of Infant Circumcision) Pour de plus amples renseignements, communiquer avec Tim Hammond, co-ordonnateur du sondage, au (415) 826-9351. 

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InfoCirc ¦ Dernière modification: 4 nov, 2007 ¦